Join our Mailing List

"For a happier, more stable and civilized future, each of us must develop a sincere, warm-hearted feeling of brotherhood and sisterhood."

Le dalaï-lama en Occident, un défi pour Pékin

September 22, 2007

Jean Jaques Mével Le Figaro 22 septembre 2007

Le chef spirituel du bouddhisme tibétain rencontre Angela Merkel dimanche à Berlin,
avant d'être honoré par le Congrès américain.

LA RÉPUBLIQUE populaire entend faire des JO 2008 la vitrine de sa réussite, mais elle n'est
pas la seule à saisir le projecteur. Après le Darfour qui contraint Pékin à nuancer son soutien
au Soudan, c'est au tour du dalaï-lama de se hisser sur la scène : de Vienne à Washington, une
tournée quasi officielle du Prix Nobel de la paix va propulser la question tibétaine au premier
plan et donner du fil à retordre à la propagande chinoise.

L'itinéraire du chef spirituel du bouddhisme tibétain, entamé jeudi par une rencontre avec le
chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer, connaîtra demain son premier temps fort : un
rendez-vous avec Angela Merkel à Berlin. L'entretien, inédit en Allemagne, est un défi aux
objurgations chinoises. Mais c'est tout sauf une surprise. La chancelière a recentré sa
diplomatie sur les droits de l'homme et sur l'environnement. En visite officielle le mois dernier,
elle avait discuté avec plusieurs militants, intellectuels et journalistes chinois qui tentent
vainement de desserrer l'étau de la dictature.

Droit de regard peu dissuasif

Le Tibet, annexé il y a cinquante-six ans par Mao, reste pour Pékin une question aussi
névralgique que Taïwan, l'île démocratique qui persiste à narguer le continent. Le paisible
exilé de Dharamsala, au nord de l'Inde, est considéré comme un séparatiste aussi dangereux
que le turbulent président taïwanais Chen Shui-bian. Les capitales qui s'apprêtent à l'accueillir
reçoivent l'avertissement rituel : « Sous une apparence religieuse, le dalaï-lama est un exilé
politique engagé de longue date dans des activités sécessionnistes. La Chine s'oppose à tout
contact officiel de quelque pays que ce soit avec lui. »

Le droit de regard que Pékin s'attribue sur le carnet de rendez-vous des dirigeants
occidentaux n'est, semble-t-il, pas très dissuasif. Le premier ministre canadien Stephen Harper
est le suivant sur la liste et George W. Bush sera le point d'orgue. Le président américain
devrait assister personnellement à la remise au dalaï-lama de la médaille d'or du Congrès, le 27
octobre prochain, dans la rotonde du Capitole.

Le fait que cette distinction a été conférée dans le passé à des « libérateurs » comme Churchill,
Mandela ou Jean-Paul II ajoute sûrement à l'inconfort des maîtres du PC chinois. Le Times
rapporte incidemment que le président américain n'aurait accepté d'assister à l'ouverture des
Jeux de Pékin, le 8 août prochain, qu'avec l'intention de « faire passer cette pilule » tibétaine à
son homologue chinois. La Maison-Blanche aurait également pressé Hu Jintao d'autoriser le
dalaï-lama à se rendre en Chine, avant les JO.

Un dialogue dans l'impasse

Rien, ni à Pékin ni surtout au Tibet, ne permet d'espérer un geste de la direction chinoise. Le «
dialogue » avec les exilés de Dharamsala, relancé en 2002, est dans l'impasse. Le dalaï-lama
juge qu'un retour en Chine serait « futile » aussi longtemps que Pékin refuse d'admettre la
réalité du problème tibétain. Au Tibet même, la répression contre les fidèles s'intensifie sous la
conduite de Zhang Qingli, nouveau secrétaire du parti, proche de Hu Jintao et ex-patron d'une
organisation de colons au Xinjiang musulman.

L'intérêt que suscitent les JO et la montée en pression qu'ils offrent à la critique internationale
de tout bord pourrait pourtant pousser à l'accommodement, comme dans le cas du Darfour. «
La Chine sait traiter d'État à État, mais elle a le plus grand mal à contrer les campagnes
d'opinion, les médias étrangers ou les mouvements humanitaires », dit Shi Yinhong, expert des
relations internationales à l'Université du peuple. Pour Pékin, rien ne serait pire que de voir
gâchée la fête de l'été 2008.

CTC National Office 1425 René-Lévesque Blvd West, 3rd Floor, Montréal, Québec, Canada, H3G 1T7
T: (514) 487-0665   ctcoffice@tibet.ca
Developed by plank